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Elections couplées présidentielle et législatives 2015:« L’évènement était attendu comme la délivrance d’un accouchement » dixit la Présidente du CSC

10/12/2015
10:00
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Les Burkinabè viennent d’élire un nouveau président à la tête de l’Etat ; Quel commentaire cela vous inspire-t-il ?
L’élection d’un nouveau président du Faso tout comme les élections législatives met fin logiquement au processus de la transition. Je me réjouis que nous soyons arrivés à cette étape après une année laborieuse, parsemée d’embûches. Nul besoin de vous dire que l’événement était attendu comme la délivrance d’un accouchement. Et quand la maman et le bébé se portent bien, on ne peut qu’en être heureux. C’est ce sentiment qui m’anime en ce moment précis. Je voudrais à cet égard adresser mes vives et chaleureuses félicitations au président élu, et lui souhaiter plein succès dans la noble mission que le peuple vient de lui confier. Je dis également merci à nos partenaires les médias pour leurs contributions décisives et à l’ensemble du peuple burkinabè pour sa grande maturité saluée par le monde entier.
C’est l’heure du bilan du processus électoral : Quel bilan peut-on tirer de la mission du Conseil supérieur de la communication (CSC) que vous dirigez ?
Le bilan est largement positif. Je dirai même qu’il est largement au-dessus de nos attentes dans la mesure où il s’agissait des premières élections gérées par l’actuel collège des conseillers en place seulement depuis un an. Donc, pour un coup d’essai, on peut dire que ce fut un coup de maître et je me dois de féliciter les membres du collège pour l’excellent travail accompli, de même que le personnel du CSC pour son professionnalisme à toute épreuve.
Ce succès, on le doit à notre dispositif organisationnel qui repose sur deux grandes valeurs à savoir, le sens de l’anticipation et l’approche pédagogique. C’est guidé par ces deux principes que le CSC a pu mener diverses activités préparatoires déclinées dans une feuille de route.
Je peux dire que le processus de préparation a commencé par les conférences publiques que nous avons animées dans toutes les régions du pays, non seulement pour expliquer les missions du CSC mais également pour insister sur la nécessité d’un discours apaisé dans les médias afin d’accompagner le processus de la transition qui, à ses débuts, en avait fort besoin.
Consécutivement à l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, le pouvoir était encore dans la rue. Non pas par une volonté délibérée de détruire les fondements du système mais du fait de l’enthousiasme des forces du changement, soucieuses de maintenir la flamme révolutionnaire. Bien entendu, il nous a fallu agir sur les médias afin de recadrer le ton du discours.

C’est là que vous avez décidé de suspendre les émissions interactives ?
Exactement nous avons pris nos responsabilités en proposant la suspension momentanée des émissions d’expression directe. Ce ne fut pas une partie de plaisir, mais l’impact a été la grande prise de conscience à tous les niveaux ; ceux qui ont été les plus hostiles à la décision sont ceux-là mêmes qui n’ont pas manqué de féliciter notre clairvoyance. Du reste, avec les principaux promoteurs des médias, nous avons signé une charte de bonne conduite des émissions d’expression directe. Et progressivement, les Burkinabè dans leur ensemble se sont installés dans une logique de discours citoyens et apaisés. Ensuite nous nous sommes retrouvés acteurs politiques, osc (Organisations de la société civile, ndlr), medias et CSC en séminaire pour valider un pacte de bonne conduite en début juin 2015. Sa signature est intervenue quelques semaines après, sous la caution morale et politique de SEM Michel KAFANDO, Président de la transition, Président du Faso. Vous me permettrez ici de lui rendre un grand hommage pour son implication dans ce pacte qui a eu l’adhésion de toute la classe politique, des organisations de la société civile, des médias et des agences de publicité. Nous nous sommes félicités de voir que les uns et les autres ne manquaient pas de rappeler au besoin ce pacte à ceux qui tentaient de dévier du bon chemin.
Ensuite pour entrer en campagne nous avons dû prendre un certain nombre de textes règlementaires pour encadrer la précampagne et la campagne électorale. Il s’agit de textes relatifs à l’égal accès des candidats, des partis et regroupements de candidats aux médias publics et bien d’autres sur le pluralisme et l’équilibre dans le traitement de l’information pour tous les médias. Pour ne pas être trop longue je conclurai en disant que c’est un dispositif savamment conçu qui a été mis en œuvre avec des résultats très appréciables qui nous valent des félicitations aujourd’hui. Beaucoup de burkinabè reconnaissent que la couverture médiatique du discours électoral a été bien faite. Le sens d’une organisation, n’est-il pas de permettre à des hommes ordinaires de faire des choses extraordinaires ? Le CSC a réussi le pari.
Vous avez suivi de près le travail des médias au cours de ces élections, quel commentaire faites-vous de leur action sur le terrain ?
Les médias ont accompli un travail remarquable que nous n’avons pas manqué de saluer en plusieurs occasions. Des initiatives de tout genre ont été développées par les journalistes pour bien éclairer le choix des citoyens. On peut dire que la presse a compris les enjeux de ces élections et le rôle qui était attendu d’elle. Elle a joué sa partition malgré les difficultés qu’on lui connaît. Pour nous régulateur, la symphonie fut belle même s’il faut regretter quelques manquements.

Comment jugez-vous le respect du Pacte de bonne conduite ?
Le Pacte de bonne conduite a été respecté en ses grandes lignes. Vous l’avez constaté, il n’y a pas eu d’écart langagier regrettable dans les joutes oratoires. Le respect a prévalu dans la course à la présidentielle ainsi qu’à celle relative au Parlement ; c’était tout l’enjeu de ce pacte signé sous le regard bienveillant de son excellence monsieur le Président du Faso.

Le CSC a organisé, avec la RTB notamment, des émissions dites parrainées ; quel était l’objectif recherché avec ces productions ?
Par ces émissions parrainées, le CSC a voulu offrir équitablement aux candidats des plages de communication dans les médias publics. Et par le jeu de la synchronisation, les mêmes messages sont passés sur les ondes des médias privés également. Ces émissions ont permis, non seulement aux acteurs politiques de se faire connaître mais elles ont aussi permis aux citoyens de juger les programmes de société des candidats afin de mieux opérer leur choix le jour du vote. Nous pensons avoir atteint nos objectifs au regard de l’engouement qu’ont suscité ces émissions. Vous aurez constaté que l’animation de ces émissions incombait et aux journalistes des médias publics et à ceux du privé, nous avons voulu mettre en avant l’esprit corporatiste.

Le CSC fait l’objet de critique de la part d’une certaine opinion quand à l’octroi de la subvention aux médias. Qu’en est-il exactement ?
Je crois que c’est une polémique qui n’a pas sa raison d’être, disons qu’elle est stérile et n’enfantera rien sinon la confusion que certains, passés maîtres en la matière, ont voulu entretenir. Le CSC a agi en toute transparence et selon des critères connus de tous ceux qui ont pris la peine de s’informer. Nous avons usé de moyens de communication divers pour informer les médias de la disponibilité de cette subvention, nous avions précisé les critères auxquels devraient satisfaire les postulants. Il faut préciser également que le CSC, à l’issue de tournées d’évaluation avait déjà une situation réelle de chaque média et cet état des lieux a compté pour beaucoup dans la sélection des médias. Pour tout dire, la subvention est allée aux médias qui en ont fait la demande et qui répondaient aux critères édictés par le CSC. Vous savez, j’ai appris quelque chose depuis que je suis au CSC, les Burkinabè dans leur majorité aiment la rigueur à condition que celle-ci ne s’applique pas à eux. Et si nous laissons cet esprit se développer et s’emparer de notre société, le risque qu’il annihile tous nos efforts est grand. Que ceux qui se sentent lésés s’en prennent à eux-mêmes.
Qu’en est-il exactement de la situation qui prévaut au CSC après les remous des agents contre l’ancien vice-président Désiré Comboigo ?
J’aurai aimé ne pas avoir à répondre à cette question. Ce que nous savons c’est que les agents du CSC accusent l’intéressé d’avoir mis en danger deux des leurs lors du putsch manqué de septembre. Nous attendons l’aboutissement de cette affaire. Pour l’heure, nous avons constaté son indisponibilité au sein du collège et il était de notre devoir en tant que collège de prendre des dispositions pour que fonctionne l’institution. C’est la raison pour laquelle le collège a élu un nouveau vice-Président.
Votre mot de la fin
Je voudrais renouveler mes remerciements à l’ensemble de mes collègues et aux partenaires de l’institution pour la bonne collaboration pendant ces échéances. Je souhaite que les élections municipales à venir puissent se tenir dans la même ambiance que celles écoulées. Déjà au CSC nous nous y préparons. J’exhorte l’ensemble des acteurs à s’y investir pour l’intérêt supérieur de la nation et propulser l’image grandissante de notre pays à son firmament. Je vous remercie.

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